En décembre 2018, Violette et Pauline, étudiantes en CPES2 à l’université PSL, ont créé cet essai vidéo consacré à l’analyse philosophique du film “8 et demi” de Frederico Fellini, sur rêve et réalité. Continuer la lecture
Le libre arbitre dans “The Good Place” (CPES2 2018)
En décembre 2018, Sophie et Emilie, étudiantes en CPES2 à l’université PSL, ont créé cet essai vidéo consacré à l’analyse philosophique d’extraits de la série “The Good Place”, sur le libre arbitre. Continuer la lecture
Lecture suivie : Epictète, Manuel (extraits)
Exercices de révision sur le bonheur (TSTMG1, 2018)
Ces exercices de révision ont été conçus par les élèves de TSTMG1 afin de réviser le chapitre sur le bonheur : Continuer la lecture
Exercices de révisions sur l’inconscient (TES2, 2018)
Voici quelques exercices de révision conçus par des élèves de TES2 afin de réviser le chapitre sur l’inconscient : Continuer la lecture
La tolérance
Agora (2009) : 5 micro-analyses philosophiques (TESL, 2018)

Le 18 octobre 2018, les élèves de TESL du lycée Rene Cassin d’Arpajon ont proposé 5 micro-analyses philosophiques du film Agora d’Alejandro Amenabar (2009). Continuer la lecture
vade-mecum CPES2 : réaliser un essai vidéo
Objectif : produire un essai vidéo qui pose un problème philosophique et tente de le résoudre en s’appuyant sur l’analyse d’une oeuvre cinématographique. Continuer la lecture
Malebranche : Les hommes sont-ils tous raisonnables ?
Je vois, par exemple, que deux fois deux font quatre, et qu’il faut préférer son ami à son chien ; et je suis certain qu’il n’y a point d’homme au monde qui ne le puisse voir aussi bien que moi. Or je ne vois point ces vérités dans l’esprit des autres, comme les autres ne les voient point dans le mien. Il est donc nécessaire qu’il y ait une Raison universelle qui m’éclaire, et tout ce qu’il y a d’intelligences. Car si la raison que je consulte n’était pas la même qui répond aux Chinois, il est évident que je ne pourrais pas être aussi assuré que je le suis, que les Chinois voient les mêmes vérités que je vois. Ainsi la raison que nous consultons quand nous rentrons dans nous-mêmes est une raison universelle.
Je dis : quand nous rentrons dans nous-mêmes, car je ne parle pas ici de la raison que suit un homme passionné. Lorsqu’un homme préfère la vie de son cheval à celle de son cocher, il a ses raisons, mais ce sont des raisons particulières dont tout homme raisonnable a horreur. Ce sont des raisons qui dans le fond ne sont pas raisonnables, parce qu’elles ne sont pas conformes à la souveraine raison, ou à la raison universelle que tous les hommes consultent.
MALEBRANCHE, De la Recherche de la Vérité (1675), Xe éclaircissement
- Comparez les 2 exemples des lignes 1-2 : Pourquoi leur association est-elle surprenante ? Quel est leur point commun ?
- Justifiez pourquoi « je ne vois point ces vérités dans l’esprit des autres ». Que peut-on en déduire à propos des différents esprits humains ?
- Pourquoi Malebranche choisit-il l’exemple des Chinois ? Que montre-t-il grâce à cet exemple ?
- Dans l’exemple du 2e paragraphe, expliquez en quoi l’homme en question est motivé par des raisons « particulières ». Pourquoi peut-on dire qu’il n’est pas raisonnable ?
Freud : Pouvons-nous croire tout ce qui nous plaît ?
Citation

Une illusion n’est pas la même chose qu’une erreur, elle n’est pas non plus nécessairement une erreur. L’opinion d’Aristote selon laquelle la vermine se développerait à partir des déchets – opinion à laquelle le peuple dans son ignorance reste aujourd’hui encore attaché –, était une erreur, tout comme celle d’une génération antérieure de médecins qui voulait que le tabes dorsalis* soit la conséquence d’une débauche sexuelle. Il serait abusif d’appeler ces erreurs illusions. En revanche, ce fut une illusion de Christophe Colomb d’avoir cru découvrir une nouvelle voie maritime vers les Indes. La part que prend son souhait à cette erreur est très nette. On peut qualifier d’illusion l’affirmation de certains nationalistes selon laquelle les Indo-Germains seraient la seule race humaine capable de culture, ou bien la croyance selon laquelle l’enfant serait un être sans sexualité, croyance qui n’a finalement été détruite que par la psychanalyse.
Il reste caractéristique de l’illusion qu’elle dérive de souhaits humains ; elle se rapproche à cet égard de l’idée délirante en psychiatrie, mais elle s’en distingue par ailleurs, indépendamment de la construction plus compliquée de l’idée délirante. Dans l’idée délirante, nous soulignons comme essentielle la contradiction avec la réalité effective ; l’illusion, elle, n’est pas nécessairement fausse, c’est-à-dire irréalisable ou en contradiction avec la réalité. Une jeune fille de la bourgeoisie peut, par exemple, se créer l’illusion qu’un prince viendra la chercher. C’est possible, quelques cas de ce genre se sont produits. Qu’un jour le Messie vienne et fonde un âge d’or, c’est bien moins vraisemblable ; selon sa position personnelle, celui qui jugera de cette croyance la classera comme illusion ou comme l’analogue d’une idée délirante. Il n’est d’ailleurs pas facile de trouver des exemples d’illusions qui se soient révélées vraies. Telle pourrait être néanmoins l’illusion des alchimistes de pouvoir transformer tous les métaux en or. Le souhait d’avoir énormément d’or, d’avoir tout l’or possible, est très émoussé par la compréhension que nous avons aujourd’hui des conditions de la richesse, et cependant la chimie ne tient plus la transmutation des métaux en or pour impossible. Nous appelons donc une croyance illusion lorsque, dans sa motivation, l’accomplissement de souhait vient au premier plan, et nous faisons là abstraction de son rapport à la réalité effective, tout comme l’illusion elle-même renonce à être accréditée.
Sigmund FREUD, L’avenir d’une illusion (1927) VI, §2
* tabes dorsalis : maladie sexuellement transmissible
