L’inconscient

Le support du cours :  Peut-on connaître l’inconscient ?

Documents à l’appui du cours :

Lecture suivie : Freud, Cinq leçons de psychanalyse (1909)

D’autres oeuvres de Freud sont disponibles dans le domaine public :

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Freud : l’artiste exprime-t-il ses pulsions personnelles ?

Dans son grand ouvrage sur Le Thème de l’inceste , [Otto Rank, disciple de Freud] put montrer combien souvent les poètes choisissent justement pour thème la situation oedipienne, et suivre à travers la littérature universelle les transformations, variations et atténuations de ce même thème.

On était ainsi conduit à analyser la production littéraire et artistique en général. On reconnut que le royaume de l’imagination était une “réserve”, organisée lors du passage douloureusement ressenti du principe de plaisir au principe de réalité, afin de permettre un substitut à la satisfaction instinctive à laquelle il fallait renoncer dans la vie réelle. L’artiste, comme le névropathe, s’était retiré loin de la réalité insatisfaisante dans ce monde imaginaire, mais à l’inverse du névropathe il s’entendait à trouver le chemin du retour et à reprendre pied dans la réalité. Ses créations, les oeuvres d’art, étaient les satisfactions imaginaires de désirs inconscients, tout comme les rêves, avec lesquels elles avaient d’ailleurs en commun le caractère d’être un compromis, car elles aussi devaient éviter le conflit à découvert avec les puissances de refoulement. Mais à l’inverse des productions asociales narcissiques du rêve, elles pouvaient compter sur la sympathie des autres hommes, étant capables d’éveiller et de satisfaire chez eux les mêmes inconscientes aspirations du désir. De plus elles se servaient, comme “prime de séduction”, du plaisir attaché à la perception de la beauté de la forme. Ce que la psychanalyse pouvait faire, c’était – d’après les rapports réciproques des impressions vitales, des vicissitudes fortuites et des oeuvres de l’artiste – reconstruire sa constitution et les aspirations instinctives en lui agissantes, c’est-à-dire ce qu’il présentait d’éternellement humain.

FREUD, Ma vie et la Psychanalyse (1925), pp. 80-81

Questions :

  • En quoi l’artiste ressemble-t-il d’abord au névrosé ? Comment finit-il par s’en différencier ?
  • Comparez le rêve et l’oeuvre d’art : quels points communs ? quelles différences ?
  • Comment la psychanalyse explique-t-elle que le public puisse prendre plaisir aux oeuvres d’art ?

Freud : A-t-on de bonnes raisons de critiquer la psychanalyse ?

Je ne sais si vous avez eu l’impression que la technique dont je viens de vous décrire l’arsenal est particulièrement difficile. Je crois qu’elle est tout à fait appropriée à son objet. Pourtant, cette technique n’est pas évidente d’elle-même ; elle doit être enseignée, comme la méthode histologique ou chirur­gicale. Vous serez peut-être étonnés d’apprendre que nous l’avons entendu juger par une quantité de personnes qui ne savent rien de la psychanalyse, qui ne l’emploient pas et qui poussent l’ironie jusqu’à exiger que nous leur prou­vions l’exactitude de nos résultats. Il y a certainement, parmi ces adversaires, des gens qui ont l’habitude de la pensée scientifique ; qui, par exemple, ne repousseraient pas les conclusions d’une recherche au microscope parce qu’on ne pourrait pas les confirmer en examinant la préparation anatomique à l’œil nu, et qui, en tout cas, ne se prononceraient pas avant d’avoir considéré eux-mêmes la chose au moyen du microscope. Mais la psychanalyse, il est vrai, est dans une situation spéciale, qui lui rend plus difficile d’obtenir l’approba­tion. Que veut le psychanalyste, en effet ? Ramener à la surface de la con­science tout ce qui en a été refoulé. Or, chacun de nous a refoulé beaucoup de choses que nous maintenons peut-être avec peine dans notre inconscient. La psychanalyse provoque donc, chez ceux qui en entendent parler, la même résistance qu’elle provoque chez les malades. C’est de là que vient sans doute l’opposition si vive, si instinctive, que notre discipline a le don d’exciter. Cette résistance prend du reste le masque de l’opposition intellectuelle et enfante des arguments analogues à ceux que nous écartons chez nos malades au moyen de la règle psychanalytique fondamentale. Tout comme chez eux, nous pouvons aussi constater chez nos adversaires que leur jugement se laisse fréquemment influencer par des motifs affectifs, d’où leur tendance à la sévérité. La vanité de la conscience, qui repousse si dédaigneusement le rêve par exemple, est un des obstacles les plus sérieux à la pénétration des com­plexes inconscients ; c’est pourquoi il est si difficile de persuader les hommes de la réalité de l’inconscient et de leur enseigner une nouveauté qui contredit les notions dont s’est accommodée leur conscience.

FREUD, Cinq leçons de psychanalyse (1909), III, §27

Questions :

  • Quel type de raisonnement Freud utilise-t-il à propos du microscope ? Reconstituez-le. (§27 l.6-10)
  • Selon Freud, la psychanalyse est-elle une science comme les autres ? (§27 l.10-15)
  • Peut-on avoir de bonnes raisons de critiquer la psychanalyse ? Expliquez le paradoxe. (§27 l.15-20)
  • Que faut-il entendre par “la vanité de la conscience” ? Reformulez l’idée. (§27 l.20)
  • Synthèse : Formulez la question posée, la thèse soutenue, et l’idée reçue qu’il remet en question.

Une synthèse orale proposée par Elise & Esther (TL, 2017) :

 

Une explication orale proposée par Lola, Valérie & Lucas (TESL, 2018) :

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