Lecture suivie : Rousseau, Du Contrat social (1762), I

Introduction :

Texte en lecture suivie : ROUSSEAU, Du Contrat social (1762), livre I

Liste des extraits expliqués :

  1. La famille (livre I, chap.2, §§ 1-3, « La plus ancienne de toutes les sociétés et la seule naturelle … que le chef n’a pas pour ses peuples. »)
  2. Le droit du plus fort (livre I, chap.3, §§ 1-4, « Le plus fort n’est jamais assez fort … Ainsi ma question primitive revient toujours. »)
  3. L’esclavage (livre I, chap.4, §§ 4-6, « Dire qu’un homme se donne gratuitement … de moi contre moi-même est un mot qui n’a aucun sens ? »)
  4. Le fondement de la société (livre I, chap.5, §§ 1-3 « Quand j’accorderais tout ce que j’ai réfuté … et suppose au moins une fois l’unanimité..  »)
  5. Le pacte social (livre I, chap.6, §§ 4-9, « Cette difficulté ramenée à mon sujet peut s’énoncer… chaque membre comme partie indivisible du tout.  »)
  6. La confiance entre souverain et citoyens (livre I, chap.7, §§ 5-8, « Or le souverain n’étant formé que des particuliers … et sujets aux plus énormes abus. »
  7. L’homme à l’état civil (livre I, chap.8, §§ 1-3, « Ce passage de l’état de nature à l’état civil … l’obéissance à la loi qu’on s’est prescrite est liberté.  »)
  8. Le droit de propriété (livre I, chap.9, §§ 2-4, « Le droit de premier occupant … ce qui était auparavant possédé par les autres princes.  »)

 

 

Lecture suivie : Rousseau, Du Contrat social (1762), I-II

Introduction :

Texte en lecture suivie : ROUSSEAU, Du Contrat social (1762), livre I-II

Liste des extraits expliqués :

  1. La famille (livre I, chap.2, §§ 1-3, « La plus ancienne de toutes les sociétés et la seule naturelle … que le chef n’a pas pour ses peuples. »)
  2. Le droit du plus fort (livre I, chap.3, §§ 1-4, « Le plus fort n’est jamais assez fort … Ainsi ma question primitive revient toujours. »)
  3. L’esclavage (livre I, chap.4, §§ 4-6, « Dire qu’un homme se donne gratuitement … de moi contre moi-même est un mot qui n’a aucun sens ? »)
  4. Le fondement de la société (livre I, chap.5, §§ 1-3 « Quand j’accorderais tout ce que j’ai réfuté … et suppose au moins une fois l’unanimité..  »)
  5. Le pacte social (livre I, chap.6, §§ 4-9, « Cette difficulté ramenée à mon sujet peut s’énoncer… chaque membre comme partie indivisible du tout.  »)
  6. L’homme à l’état civil (livre I, chap.8, §§ 1-3, « Ce passage de l’état de nature à l’état civil … l’obéissance à la loi qu’on s’est prescrite est liberté.  »)
  7. Le droit de propriété (livre I, chap.9, §§ 2-4, « Le droit de premier occupant … ce qui était auparavant possédé par les autres princes.  »)
  8. La représentation du peuple (livre II, 1, §§ 1-3, « La première et la plus importante conséquence…et dès lors le corps politique est détruit. »)
  9. La volonté générale (livre II, 3, §§ 1-3, « Il s’ensuit de ce qui précède … et l’avis qui l’emporte n’est qu’un avis particulier. »)
  10. La peine de mort (livre II, 5, §§ 1-5, « On demande comment les particuliers… conférer sans pouvoir l’exercer lui-même. »)

En février 2017, les élèves de TL du lycée René Cassin ont enregistré une émission webradio proposant une lecture suivie de cette oeuvre à travers l’explication de 10 extraits.

Rousseau : L’Etat peut-il faire confiance aux citoyens ?

Or le souverain n’étant formé que des particuliers qui le composent n’a ni ne peut avoir d’intérêt contraire au leur ; par conséquent la puissance souveraine n’a nul besoin de garant envers les sujets, parce qu’il est impossible que le corps veuille nuire à tous ses membres, et nous verrons ci-après qu’il ne peut nuire à aucun en particulier. Le souverain, par cela seul qu’il est, est toujours tout ce qu’il doit être.

Mais il n’en est pas ainsi des sujets envers le souverain, auquel, malgré l’intérêt commun, rien ne répondrait de leurs engagements s’il ne trouvait des moyens de s’assurer de leur fidélité.

En effet chaque individu peut comme homme avoir une volonté particulière contraire ou dissemblable à la volonté générale qu’il a comme citoyen. Son intérêt particulier peut lui parler tout autrement que l’intérêt commun ; son existence absolue et naturellement indépendante peut lui faire envisager ce qu’il doit à la cause commune comme une contribution gratuite, dont la perte sera moins nuisible aux autres que le payement n’en est onéreux pour lui, et regardant la personne morale qui constitue l’Etat comme un être de raison parce que ce n’est pas un homme, il jouirait des droits du citoyen sans vouloir remplir les devoirs du sujet, injustice dont le progrès causerait la ruine du corps politique.

Afin donc que le pacte social ne soit pas un vain formulaire, il renferme tacitement cet engagement qui seul peut donner de la force aux autres, que quiconque refusera d’obéir à la volonté générale y sera contraint par tout le corps : ce qui ne signifie autre chose sinon qu’on le forcera d’être libre ; car telle est la condition qui donnant chaque citoyen à la Patrie le garantit de toute dépendance personnelle ; condition qui fait l’artifice et le jeu de la machine politique, et qui seule rend légitimes les engagements civils, lesquels sans cela seraient absurdes, tyranniques, et sujets aux plus énormes abus.

ROUSSEAU, Du Contrat social (1762), I, chapitre 6 “Du Souverain”, §§5-8

Questions :

  1. Qui doit être le « souverain » dans la société idéale selon Rousseau ? Justifiez.

  2. Pourquoi n’y a-t-il pas de symétrie entre le souverain et les sujets dans une démocratie ? Expliquez.

  3. Pourquoi le raisonnement de l’individu (développé dans le 3e paragraphe) est-il faux ?

  4. Quel problème pose l’expression « forcer chacun à être libre » ? Pourquoi est-ce néanmoins légitime selon Rousseau ?