Gorgias : La rhétorique a-t-elle un pouvoir illimité ?

Citation

Ah, si grande est la puissance de cet art rhétorique ! 

SOCRATE : Justement, voilà aussi ce qui m’étonne, Gorgias, et je me demande depuis longtemps de quoi peut bien être fait le pouvoir de la rhétorique. Elle a l’air d’être divine, quand on la voit comme cela, dans toute sa grandeur !

GORGIAS : Ah, si au moins tu savais tout, Socrate, et en particulier que la rhétorique, laquelle contient, pour ainsi dire, toutes les capacités humaines, les maintient toutes sous son contrôle !

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Spinoza : Toute croyance est-elle une superstition ?

Si les hommes avaient le pouvoir d’organiser les circonstances de leur vie au gré de leurs intentions, ou si le hasard leur était toujours favorable, ils ne seraient pas en proie à la superstition. Mais on les voit souvent acculés à une situation si difficile, qu’ils ne savent plus quelle résolution prendre ; en outre, comme leur désir immodéré des faveurs capricieuses du sort les ballotte misérablement entre l’espoir et la crainte, ils sont en général très enclins à la crédulité. Lorsqu’ils se trouvent dans le doute, surtout concernant l’issue d’un événement qui leur tient à cœur, la moindre impulsion les entraîne tantôt d’un côté, tantôt de l’autre ; en revanche, dès qu’ils se sentent sûrs d’eux-mêmes, ils sont vantards et gonflés de vanité. (…)

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Platon : Faut-il interdire la parole du poète ? (1)

Dans la République, Socrate explique les raisons pour lesquelles il est préférable de bannir le poète de la cité idéale.

Extrait n°1

Socrate cherche à imaginer la cité idéale, et il s’interroge avec Adimante  sur la meilleure façon d’éduquer ceux qui en deviendront les gardiens.

SOCRATE : Or, tu sais bien qu’en toute tâche, la chose la plus importante est le commencement et en particulier pour tout ce qui est jeune et tendre ? C’est en effet principalement durant cette période que le jeune se façonne et que l’empreinte dont on souhaite le marquer peut être gravée. 

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Starhawk : La nature nous donne-t-elle du pouvoir ?

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Le sujet de ce livre est cet appel au pouvoir, un pouvoir basé sur un principe très différent du pouvoir-sur, de la domination. Car le pouvoir-sur est finalement le pouvoir du fusil et de la bombe, le pouvoir d’anéantissement qui soutient toutes les institutions de domination. 

Or, le pouvoir que nous devinons dans une graine, dans la croissance d’un enfant, que nous éprouvons en écrivant, en tissant, en travaillant, en créant, en choisissant, n’a rien à voir avec les menaces d’anéantissement.  Il est à entendre au sens premier du mot pouvoir, qui vient du latin populaire podere, être capable. C’est le pouvoir qui vient du dedans, le pouvoir-du-dedans. (…)  Continuer la lecture

Feinberg : Est-il juste d’accorder des droits à la nature ?

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Il est clair que nous ne devrions pas maltraiter certaines plantes, et il existe en effet des réglementations qui imposent aux personnes le devoir de respecter certains membres du règne végétal. Par exemple, il est interdit de cueillir des fleurs sauvages dans les toundras montagneuses des parcs nationaux, ou de mettre en danger les arbres d’une forêt sèche. (…) Continuer la lecture

Leopold : Est-il juste d’attribuer des droits à la nature ?

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Il me paraît inconcevable qu’une relation éthique à la terre puisse exister sans amour, sans respect, sans admiration pour elle, et sans une grande considération pour sa valeur. Par valeur, j’entends bien sûr quelque chose qui dépasse de loin la valeur économique ; je l’entends au sens philosophique. Continuer la lecture