Burke : Avons-nous besoin de préjugés ?

Burke est un philosophe irlandais qui s’inscrit dans le mouvement des Anti-Lumières, opposants à la Révolution française.

Vous voyez, Monsieur, que dans ce siècle de lumières, je ne crains pas d’avouer que chez la plupart d’entre nous les sentiments sont restés à l’état de nature ; qu’au lieu de secouer tous les vieux préjugés, nous y tenons au contraire tendrement et j’ajouterai même, pour notre plus grande honte, que nous les chérissons parce que ce sont des préjugés – et que plus longtemps ces préjugés ont régné, plus ils se sont répandus, plus nous les aimons. C’est que nous craignons d’exposer l’homme à vivre et à commercer avec ses semblables en ne disposant que de son propre fonds de raison, et cela parce que nous soupçonnons qu’en chacun ce fonds est petit, et que les hommes feraient mieux d’avoir recours, pour les guider, à la banque générale et au capital constitué des nations et des siècles. (…) En cas d’urgence le préjugé est toujours prêt à servir ; il a déjà déterminé l’esprit à ne s’écarter jamais de la voie de la sagesse et de la vertu, si bien qu’au moment de la décision, l’homme n’est pas abandonné à l’hésitation, travaillé par le doute et la perplexité. Le préjugé fait de la vertu une habitude et non une suite d’actions isolées.

BURKE, Réflexions sur la révolution de France (1790), p.110

Questions de compréhension :

  • Pourquoi “chérissons-nous” les préjugés selon Burke ?
  • Selon Burke, vaut-il mieux suivre sa raison ou ses préjugés ? Pourquoi ?
  • Expliquez pourquoi, selon Burke, “le préjugé fait de la vertu une habitude et non une suite d’actions isolées”.

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